Feb 152017
 

J’ai quitté volontiers l’industrie du jeu vidéo, ayant perdu toute motivation d’y travailler. L’entreprise dans laquelle j’avais passé plus de quatre ans à essayer de produire des jeux et des applications est sur le point de fermer définitivement. Un chapitre de ma vie est en train de se clore, j’imagine.

Avais-je dit que j’étais rentré en France il y a quelques mois ? Bon, ben c’est fait. J’avais la tête tellement dans le cul que j’ai oublié de le mentionner. Je n’ai rien trouvé de pertinent sur Montréal hormis des éventuels boulots de testeur dans le jeu et l’applicatif. Pour un game designer et développeur, ce n’est pas très sérieux et j’ai écouté les conseils de proches m’invitant à arrêter l’expérience.

Avec le recul, je pense pouvoir dire que se dédier aux jeux vidéo, dans l’état actuel du monde, c’est le mode difficile des carrières. J’ai côtoyé de nombreuses personnalités, des personnes sympathiques et ouvertes, et leurs contraires menteurs ou indolents. Mais surtout, j’y ai vu de la précarité. La mienne déjà, et surtout les autres et la pléthore de témoignages trouvables sur la toile. Et le temps qui défile, inlassablement.

Durant ce parcours du combattant, j’ai utilisé de nombreuses techniques et outils de développement :

  • développement logiciel : Virtools 5, Unity en UnityScript puis en C#, un coup de Java sur Android, Cocos2D-x en C++
  • art : Illustrator, Photoshop, Premiere Pro, After Effects, Blender, FLStudio
  • sites web : HTML5, PHP5 (OOP uniquement), CSS, LESS, un soupçon de Javascript et de jQuery, un chouilla de SQL, quelques notions d’Apache
  • IDE : Visual Studio, Xcode, Eclipse, Android Studio
  • outils divers : SVN, Git, Mercurial, SourceTree, JIRA, VirtualBox, 5 navigateurs desktop, 2 navigateurs mobiles

Une bonne partie d’entre eux appris en autodidaxie, par passion comme on pourrait le dire. Mais apparemment, cela ne suffit pas à convaincre lorsque j’avais voulu rentrer dans le rang après une longue période en indépendance. Trop généraliste ? Pas d’expérience ? Des entretiens foireux ? Les raisons m’empêchant de retourner à l’emploi dans ce secteur sont nombreuses et je n’ai pas le temps ni l’envie de les énumérer ici. Par contre, je n’ai pas vraiment essayé de tirer profit de mon réseau professionnel. Bien que réduit, il aurait pu aboutir à quelque chose, mais encore une fois, il s’agit de probabilités. Je suis du genre à vouloir expérimenter par moi-même, me prouver que je peux convaincre grâce à ce que j’ai fait par le passé, sans utiliser d’artifices. Et force est de constater que c’est un beau fail.

Et ensuite ?

Je reste intéressé par le jeu vidéo, mais de manière plus diffuse et personnelle ; ayant toujours des projets en cours et aimant réfléchir à des designs. Mais le travail en équipe, c’est terminé.

À partir d’aujourd’hui, je vais commencer à écrire des articles à propos de Drupal, l’outil qui va être dans quelques semaines mon principal centre d’intérêt technologique ! En effet, j’ai rejoint une formation de type Préparation Opérationnelle à l’Emploi Individuelle grâce à Pôle Emploi dans un organisme de formation qui s’appelle Trained People. Moi qui pensais ne plus vouloir y remettre les pieds chez Pôle Emploi, décidément.

L’écosystème Drupal est si différent de celui des outils du jeu vidéo. Déjà, l’approche open source m’a toujours attiré. Je me rends bien compte à quel point le jeu vidéo est un milieu basé sur le secret, où chacun veut protéger sa petite idée de peur de se faire voler l’idée du siècle. Bien sûr, tout n’est pas parfait, notamment sur Drupal et sa documentation imbuvable. Mais voir un tel effort collectif pour faire fonctionner des milliers de modules contribués gratuitement, ça reste un point qui me donne envie de mettre la main à la pâte.

Étrangement, malgré une expérience bien foireuse ici en intérim juste avant, tout se passe à merveille depuis décembre 2016, c’est-à-dire dès que je suis entré dans le processus de recrutement de la formation.

Jun 192016
 

Voilà quelques mois que je n’ai pas donné de nouvelles. 😛

Léger.

En début d’année, j’ai eu l’occasion de travailler (omagad!) dans une société de développement de jeux vidéo qui s’appelle Nvizzio Créations, localisée à Montréal en plein dans le quartier du Centre-Ville sur la rue Sainte-Catherine. J’ai rejoint pendant deux mois et demi l’équipe qui travaille sur RollerCoaster Tycoon World, la suite de l’emblématique licence de jeu de gestion de parc d’attractions de Chris Sawyer ! Autant dire que j’ai eu beaucoup de chance d’avoir été pris car j’ai été contacté au départ pour un poste de développeur Unreal Engine pour le projet ROKH du même studio. Comme je ne connais pas la technologie, il m’a été demandé alors si je voulais rejoindre l’équipe de testeurs de RCTW avec comme possibilité d’évoluer vers un poste de développeur Unity ou peut-être de designer, chose que je ne pouvais refuser évidemment, en l’honneur des centaines d’heures passées sur les premiers jeux de la série.

Capture d'écran des crédits de RollerCoaster Tycoon World

La (moitié de la) team QA dans les crédits de RollerCoaster Tycoon World.

J’ai donc été pris en tant que Testeur QA, dans une équipe majoritairement anglophone. En plus des responsabilités habituelles d’un testeur QA, j’ai testé des fonctionnalités précises du jeu, notamment le système de contenu généré par l’utilisateur qui se base sur le Steam Workshop. Malgré les quelques semaines passées sur le système, je n’avais même pas fini de tester tous les cas de figure tellement il y avait de paramètres. Ces paramètres étaient grossièrement comme celles-ci :

  1. Le PC est-il connecté à internet ?
  2. Suis-je connecté à mon compte Steam ?
  3. Mon compte a-t-il accès au Workshop ?
  4. Que contiennent les dossiers locaux du jeu dans le répertoire :
    • %programfiles(x86)%\Steam\SteamApps\workshop\content\282560\
    • %userprofile%\AppData\LocalLow\Nvizzio Creations\Rollercoaster Tycoon World\
  5. Que contient le fichier X et Y, etc.

Et autour de ces paramètres, il fallait tester des cas comme « que se passe-t-il si des fichiers sont manquants après avoir chargé la partie après avoir sauvegardé sur un nouvel emplacement une partie en mode Scénario » ou « que se passe-t-il en cas de conflit de nom entre deux fichiers, l’un en ligne et l’autre en local ». Il faut dire que les rapports de bug se faisaient longs dans une bonne partie des cas et il m’a fallu recourir à un formatage strict — panel, noformat, listes, et cetera pour ceux qui connaissent JIRA — pour les vingt étapes et plus de reproduction. En mettant un peu de couleur et de style, ça devait rendre la lecture plus aisée pour celui qui devait corriger !

Ce fut ma première mission dans l’industrie du jeu vidéo dans une grande équipe, entre trente et cinquante personnes. Je suis plutôt content de cette expérience, même si je suis un peu déçu du résultat, ne partageant pas la même vision du design que celle qui est appliquée dans RollerCoaster Tycoon World. À noter que mon contrat n’a pas été reconduit au delà de la sortie du jeu en Early Access, Nvizzio Créations n’ayant plus eu besoin de mes services. Mon ancien responsable de l’équipe test a été promu game designer. Me concernant, je n’ai pas pris l’initiative de passer le test d’évaluation pour tenter de rentrer dans l’équipe de développement. Je l’aurais probablement réussi sans trop de problèmes, après avoir pris connaissance du pitch, mais je ne me sentais pas suffisamment motivé de rejoindre le développement.

Voilà comment s’est conclue cette expérience dans l’industrie du jeu vidéo. Cela m’a étrangement redonné envie de créer un wiki perso autour du game design. Il est temps que je m’y mette ! J’y reviendrai, mais pour l’instant, passons à autre chose !

Explicatif

Pour les PVTistes non-Canadiens qui font un aller retour Canada>France>Canada, au retour au Canada, il faut remplir la fiche de déclaration (celle qu’on remplit dans l’avion pour gagner du temps) comme si on était un résident du Canada. En fait, l’agente de la douane m’a indiqué qu’en tant que PVTiste avec le visa déjà approuvé, on a un statut de résident temporaire, ce qui fait que les règles sur l’importation s’appliquent de la même manière qu’un résident permanent.

Je pense avoir fait le tour de ce que j’avais à dire, à part que la prochaine fois, je ne serai peut-être plus au Canada…

Nov 302015
 

Alors que les premiers flocons peinent à se montrer, voici un petit récapitulatif de mon début de séjour.

Explicatif.

Petite note pour ceux qui viennent avec un PVT, sur le document de déclaration pour la douane à remplir dans l’avion, je n’avais pas rempli tous les champs. Par exemple, ce document vous demandera la nature de votre arrivée : visite, affaires et études. Je n’ai coché aucune de ces cases, n’étant pas sûr que « affaires » voulait dire travailler, et sachant que le PVT permet également de ne pas travailler… Enfin vous voyez le délire quoi wesh.

Une fois débarqué, lorsque je me suis présenté devant l’agent de la douane à l’aéroport, je lui ai présenté les documents, entre autres la lettre d’introduction et le document de déclaration de la douane, et celui-ci m’a demandé la durée du séjour : il faut dire deux ans même si vous ne restez que quelques mois pour commencer. Une fois passé la douane, l’agent vous invitera à passer dans les bureaux de l’immigration (à Montréal Trudeau, c’est juste derrière les kiosques des agents de douane).

Passage très rapide aux bureaux de l’immigration après la douane de Montréal ! Certains me disaient que cela prendrait des heures, mais il n’y avait personne devant moi, la salle était vide et les agents patientaient. Cela a duré moins de cinq minutes ! Étant arrivé le 31 octobre, peut-être que la période était propice pour éviter une longue queue. Quel fou viendrait s’installer au Canada au début de l’hiver ? 😛

Enthousiaste.

Après être arrivé à mon point de chute à Brossard, j’ai entamé les quelques démarches administratives pour commencer à chercher du travail, accompagné de mon frère et d’un ami. J’ai ainsi récupéré le numéro de l’assurance sociale sur un document papier, le NAS, et ouvert un compte en banque à la Banque Nationale.

Démonstratif.

D’ailleurs, parlons brièvement de la banque. Comparé au système français, le système canadien semble bien différent. Déjà, il faut bien faire la distinction entre une carte de débit et de crédit. En gros, la carte de débit, délivrée par la banque, est directement reliée à votre compte chèque (votre compte courant). Les opérations réalisées sur le compte chèque sont immédiates. C’est vraiment comme un porte-monnaie. Et puis, la carte de crédit est celle avec laquelle vous allez construire un historique de crédit. Avec cette carte, une VISA ou une MasterCard par exemple, vous allez pouvoir faire des achats en ligne, et surtout payer des factures. En fait, la banque vous met à disposition une certaine somme en dollars canadiens que vous pouvez dépenser tous les mois. Et à la fin du mois, vous recevrez une facture qu’il va falloir payer à la banque. Et là, le but, c’est de renflouer la carte de crédit dans un certain délai, sachant que le dépassement de ce délai vous fera payer des intérêts sur ce qui n’a pas été payé.

Il existe des sites qui en parlent plus en détail. Je vous laisse aux soins des moteurs de recherche si le sujet vous intéresse.

Douteux.

Pour en revenir à mon expérience, heureusement que j’étais accompagné, toujours de mon frère et d’un ami, à l’ouverture du compte bancaire. Déjà, on avait pris un rendez-vous mais il n’y avait pas de rendez-vous inscrit dans leur agenda. Peut-être était-ce une autre succursale de la banque alors ? En tous cas, un agent a été disponible pour nous prendre en charge.

La Banque Nationale dispose d’une offre pour les nouveaux arrivants au Canada. Mais l’agent ne semblait pas au courant de cette offre et il a fallu lui montrer l’existence de cette offre sur le site internet de la banque. Depuis, je ne suis pas sûr qu’il ait bien rempli les champs afin de bénéficier des avantages de cette offre. Surtout après qu’il ait eu du mal avec l’outil d’inscription pendant dix bonnes minutes. Le responsable informatique étant venu à la rescousse, ils ont pu voir qu’il y avait une faute de frappe dans un des champs… *facepalm* Bref, normalement, je ne devrais pas payer certains frais, me permettant d’économiser au moins environ $15 par mois. À noter que les virements Interac pour des personnes autres que moi sont toujours facturés $1 par action, car non soumis à l’offre de bienvenue ; ces virements devenant sans frais à partir d’un certain montant dans votre compte chèque.

Au calme.

Après quelques virées dans Montréal centre et des sorties gastronomiques (aux fast-foods), j’ai eu un premier entretien pour un poste de développeur Unity chez Behaviour Interactive. Après un test Codility que je n’ai pas très bien optimisé et un entretien où mes compétences techniques n’ont pas vraiment brillé, cela n’a pas fonctionné. Tant pis, peut-être pour une prochaine fois !

Petit à petit, je me rends compte que mon expérience professionnelle récente m’empêche d’être bien vu pour les postes que je convoite, notamment dans le design. Après des années en indépendance et sur des jeux qui n’ont pas rencontré le succès, je me demande si ça pèse véritablement sur la qualité de mon profil de candidat. On verra bien dans les semaines à venir si la tendance se confirme.

Mode radin activé.

Finalement, j’ai profité d’une réduction en solde plus une réduction du Black Friday canadien pour obtenir une paire de bottes d’hiver à moindre coût, des Adidas à $75 au lieu de $150.

D’ailleurs, j’ai remarqué que dans ce pays, il y a énormément de soldes. Genre des soldes toute l’année. Du coup, au final, on voit bien que certains produits au prix normal sont vendus bien chers. Faut pas déconner, ça reste du putain de Made in China.