J’ai enfin un peu de temps, étant actuellement dans le Shinkansen. Donc je vais pouvoir conter la cinquième journée un peu chaotique. (Je finirai la quatrième journée juste après !)
Donc ma journée commence à 6h52, heure à laquelle le réveil m’appelle. Je suis un peu claqué vu la petite nuit, mais pas le choix, le petit-déjeuner m’impose de me lever.

Je me sens bien gonflé, c’était copieux ! Possiblement, je vais pas avoir besoin d’un gros repas pour le déjeuner et dîner.
Je fais un petit saut rapide aux bains communs pour prendre une douche. Je n’ai pas plongé, ne me sentant pas très à l’aise à l’idée de m’immerger juste après le repas.
Je range mes affaires, et je décolle, direction les chutes de Nachi. C’est pas très loin en voiture, pas plus d’une vingtaine de minutes depuis Nachikatsuura dans mes souvenirs.
Poir visiter Nachi, il y a un bus depuis la gare JR. En ce qui concerne la voiture, je conseille de se garer au parking gratuit de Daimonsaka.
Vous y trouverez un petit office de tourisme local pour vous aiguiller.

Si vous me souhaitez, prenez un bâton. Je pense qu’ils sont en libre-service. Mais rendez-les après, hein.

Vous en aurez peut-être besoin pour grimper, car c’est assez sportif !
Pour information, cet endroit est le point de départ d’un long sentier de randonnée qui s’appelle le Kumano Kōdo. Il s’agit d’un sentier de pèlerinage où le bouddhisme a pris pied.

Le début commence tranquillement. J’ai de la chance, il fait un temps nuageux avec un peu de soleil par intermittence. Dans les 16°C. J’ai quand même décidé de retirer mes deux hauts, car le soleil tape assez fort, et la montée me chauffe.

Après quelques centaines de mètres sur bitume, on traverse quelques habitations où vous pourrez louer des vêtements traditionnels de l’époque Heian.

Un peu plus loin, on entre dans une longue montée sur sol pavé — ou plutôt de gros cailloux — entouré de cèdres du Japon. Heureusement qu’ils étaient là, ces grands arbres, pour me redonner de la fraîcheur, car la montée est assez raide et m’a même forcé à prendre deux petites pauses pour ne pas surchauffe. Par ailleurs, ça me fait penser que j’ai même pas mis de déodorant, j’espère que je ne vais pas être dégueulasse…

J’ai eu de la chance, une femme a eu l’audace de faire le cosplay Heian. Ça donne cela :

Ce passage fait 276 marches, sur 600 mètres de longueur environ, selon le panneau d’informations.
On arrive ensuite sur un petit village un peu moche, mais qui donne ensuite sur le premier complexe religieux, le Kumano Nachi Taisha. Cet endroit mêle de manière intéressante les deux religions shinto et bouddhistes.
Le sanctuaire shinto semble porter une grande importance pour Yatagarasu, un corbeau à trois pattes.
J’ai payé mes respects pour les ancêtres kamis, et j’ai acheté un premier petit souvenir, une mini statuette mignonne de Yatagarasu.

Et parce qu’il n’y avait pas grand monde — c’était un lundi —, je me suis décidé à prendre deux kigan ema, ces plaques décorées sur lesquelles on écrit des vœux qu’on veut voir réalisés. Pourquoi deux ? Parce que je n’avais pas la monnaie pour une seule, et je me suis dit que c’était joli, donc j’en ai gardé un en souvenir. En effet, la deuxième, je ne la conserve pas ; elle sera accrochée parmi d’autres ema écrites par d’autres passants, avant d’être brûlée pour que les vœux soient envoyés aux kamis.

Depuis que j’ai appris l’odeur du cèdre du Japon lors de mon excursion guidée aux sanctuaires de Ise, j’ai senti la plaque, et ça en était !
Particularité de ce sanctuaire de Kumano Nachi Taisha, on peut passer dans le tronc d’un arbre accompagné du ema (On peut aussi avoir un bâton, le gomagi, qui coûte un peu moins cher et qui fait le même job.) pour que le vœu se réalise. Je l’ai fait, évidemment, parce que ça a l’air marrant ! L’entrée est assez étroite, et j’ai un peu frotté contre l’arbre avec mes épaules larges et mon sac à dos. L’entrée est accessible avec un escalier qui descend, et on sort par un autre trou via un escalier montant plus abrupt où il faut s’aider des mains pour ne pas tomber en arrière.

Je poursuis ensuite ma visite du sanctuaire en arrivant sur la partie bouddhiste, le Nachisan Seiganto-ji, qui est genre contre le temple shinto. C’est tellement cool de voir ce genre de fusion entre deux religions, étant donné que le shintoïsme est une religion plutôt accueillante.

On y trouve des objets et encens à l’intérieur. Après, c’est un temple qui m’a l’air assez typique du bouddhisme à la sauce shinto.
D’autres endroits d’offrande et de prière se trouvent dans le complexe religieux.

La suite de l’aventure, c’est cette pagode de trois étages.

Et je l’avais annoncé dans le titre, on voit au fond les fameuses chutes de Nachi !
Bon, pas aussi fameux pour les touristes qu’un monument de Kyotō. Mais quand même assez pour que je tombe dessus et que j’ai envie d’y aller !
La pagode se visite moyennant une contribution financière de ¥500 pour un adulte et ¥300 pour un enfant. Je n’ai pas pris de photo de l’intérieur, qui reste un lieu où on peut prier et qui semble avoir des emplacements pour les défunts, et qui a aussi des estampes comme dans un musée.

Bref. Il est temps d’aller au clou du spectacle !
On commence par descendre de la montagne pour se rapprocher du lit de la rivière. Il y a un chemin sûr pour les pieds mais pas pour le corps (voie avec voitures), et un chemin sûr pour… pas avoir de voitures qui frôlent, mais avec des marches inconfortables. Si vous avez de bonnes chaussures, prenez donc l’escalier. Sinon, suivez le chemin voitures.

On arrive en sortie de cet escalier à un mini village étape où s’arrête le bus qui dessert la zone touristique.

L’entrée du sanctuaire se trouve juste en face.

Une descente par escaliers mène enfin à l’enceinte principale du sanctuaire.

Ici, il y a une particularité , c’est qu’on peut, moyennant quelques centaines de yens (Je reste vague parce que je ne me souviens pas du montant.), accéder à un parcours pour être encore plus près de la chute, en plus d’un petit porte-bonheur en papier cartonné.
Durant ce parcours, on peut, en échange de ¥200, obtenir une petite assiette en faïence blanche qui permet de boire l’eau de la chute, qui est censée augmenter la longévité.

Je ne suis pas speécialement intéressé par vivre plus longtemps, mais je voulais la petite assiette en souvenir. 🤣
Mais j’ai quand même suivi la procédure.



Voilà. Maintenant, on rentre.
J’ai fait un passage à la boutique de souvenirs.

Après avoir consulté les horaires du bus, j’ai décidé que je pouvais rejoindre à pied la voiture.
J’ai donc pris un chemin « voitures », jusqu’à rejoindre le chemin de cèdres, d’où je suis reparti pour descendre jusqu’à la voiture.

Je pars ensuite vers ma seconde destination de la journée, le Shimosenbon ! C’est un spot à sakura connu. Il paraît que s’y trouve même le plus ancien funiculaire en fonction du Japon.
Regardez comment c’est beau ces cerisiers qui sont presque à peine floraison !

… J’ai menti. En fait, la photo plus haut, c’est dans un bled paumé qui s’appelle Shimokitayama, et c’était sur la route.
La route était sinueuse, et incertaine. Il y avait de nombreux travaux tout le long.

Je trouve que les signalisations par gestes que font les agents de régulation de trafic ne sont pas tout le temps hyper clairs. Je comprends le concept des drapeaux rouge et blanc. Rouge pour stop, blanc pour passer. Mais des fois, ils font rien. Des fois, c’est bâton à l’horizontal. Des fois, c’est drapeau agité. Au moins, dans la photo que j’ai mise, il y avait un décompteur pour savoir quand partir.
Puis à un moment, il y avait des travaux où ils nous ont demandé de nous arrêter, et on m’a donné ce papier :

J’ai pas super compris les instructions du gars.
Ce que j’avais interprété, c’est que ça fermait dans un coin sur la 169 (la route que j’empruntais ou que j’allais emprunter). Et qu’il y aurait des ouvertures de 10 minutes à peu près toutes les heures, en journée.
J’ai fait genre que je comprenais, il ne parlait probablement pas anglais, vu le coin paumé. Mais j’ai décidé de faire confiance à mon instinct et de continuer. Et j’avais raison, il n’y avait pas d’autres blocages. Je pense au final que le prospectus parlait de l’endroit où je l’avais récupéré. Et surtout, ben je n’ai pas attendu longtemps avant de partir, trente secondes au plus, d’où mon doute.
Bref, je continue, et j’arrive au parking.
J’entre doucement. C’est un parking sans barrière qui utilise un système de caméra pour photographier les voitures. Un peu comme ce qu’on a chez certains Indigo en France, mais sans la barrière ni borne de paiement au niveau des sorties.
Je vois une grosse douille arriver. Déjà, l’entrée à ¥2000 yens. Mais ensuite, il n’y a personne. Le parking est quasiment désert.

Je cherche la borne de paiement. Je demande à une commerçante du coin où ça se trouve et m’indique l’emplacement juste à côté. Ah! Rien à voir, mais en terminant la conversation, elle a fini par « okaeri ». Moi, j’ai surtout entendu ça dans les anime, quand on rentre à la maison en réponse à un « tadaima ». Mais j’ai appris ensuite sur les internets que ça peut être employé comme pour dire bienvenue.
Bref je reprends mon histoire.
Donc je paye. J’ai eu un instant d’hésitation car je ne savais pas si je pouvais payer tout de suite, sachant que c’est un paiement forfaitaire de 24h. Mais je me suis dit que comme je suis oublieux de certains détails importants, je préférais le faire tout de suite, sachant qu’il n’y aurait pas de barrière pour m’empêcher de sortir.
Une fois payé, je commence à visiter l’endroit.
Contrairement à Simokitayama qui était en fleurs, ici, les cerisiers n’étaient pas encore éclos ; tout juste il y avait des bourgeons.
J’entame ma deuxième ascension avec des chips de patate douce.

Pas que j’aime spécialement ça, mais ça me donnait quelque chose à mettre sous la dent. Je n’avais mangé qu’un demi melon pan acheté à un Lawson sur la route. En tous cas, les chips étaient bonnes.

Je poursuis mon ascension ennuyeuse. Les seules personnes que je croise sont les commerçants qui commençaient à ranger vu l’affluence, et les promeneurs de chien. J’envisageais au début d’aller au bout du chemin, mais c’était trop naze. Ce qui me motivait, c’était qu’il y avait des illuminations prévues à 18h.

Donc je décide de m’arrêter à un point d’observation. Il est 17h50. Parfait, je vais attendre en m’asseyant. Je profite donc du joli coucher de soleil.

J’étais accompagné d’un photographe avec un gros appareil, pointé sur la vallée au crépuscule. C’était sympa d’être avec quelqu’un, sans avoir à parler, et de profiter du moment à tenter de capter la beauté des choses.
L’horloge tourne, et il est 18h passées. C’est un fail encore une fois.
Bon. Je rentre. Il commence à faire frais. Le gilet sur j’avais rangé sur mon sac a été redéployé sur les épaules.
J’entame la longue descente toujours aussi ennuyeuse.

À plusieurs reprises, les voitures me frôlent à toute allure dans les rues étroites.

J’arrive au parking. Je vais à la borne. En essayant de payer à nouveau, ça me met direct sur l’écran de confirmation car déjà payé.
Je sors du parking doucement. Et là, dans la nuit noire, je vois une lumière rouge. Wtf ! C’est quoi ce délire ? J’entends un truc automatisé. Je recule et j’ouvre la fenêtre pour tenter de comprendre. Ça parle à un moment de « information center »… P’tin fait chier. Je ne vais pas appeler un numéro japonais quand même…
Je continue ma route vers Iga, tout chamboulé. J’ai failli provoquer un accident. Purée, c’était pas cool comme fin de journée. Je me suis senti vraiment mal…
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